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Mercredi, 10 Mars 2010
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Le bogolan, art africain

En bamanan, bogo signifie la terre et lan, la manière de faire. Les productions artistiques en bogolan de la coopérative éco-culturelle sont exclusivement réalisées à base d’éléments naturels et mettent en valeur le coton malien.

Cibara regroupe des héritiers de ce savoir-faire séculaire, originaire d’une région du Mali, le Mandé, qui s’est ensuite diffusé dans l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest. En effet, Ibrahima I. Diarra, Cheick Siby et Youssouf Traoré se sont réapproprié la technique du bogolan de façon contemporaine. C’est pour eux un réel art de vivre, leur expression de la vie.

Un bogolan est entièrement confectionné à base de végétaux et de pigments naturels. La matière première est le coton. On trouve deux sortes de coton : d’une part, le coton traditionnel appelé cotonnade, très épais et  confectionné sur un métier à tisser, et d’autre part, le coton moderne, plus fin et plus régulier. De la même façon, les différentes couleurs appliquées sur le coton proviennent de la concoction de plantes indigènes, propres à la zone sahélienne. L’association des différentes plantes avec d’autres éléments naturels permet d’obtenir diverses couleurs.Le bogolan, art africain

Le n’galama : cette plante est primordiale à la confection d’un bogolan : c’est l’élément fixateur des couleurs. Pillée, bouillie et macérée, la plante permet d’obtenir une couleur jaune ocre pâle, très souvent couleur de base du vêtement sur laquelle les artistes appliqueront les motifs. Elle comporte par ailleurs des vertus médicinales.

Le bogo : il est prélevé dans le fleuve Niger. Mélangé à l’eau, cette argile donne la couleur noire.

Le n’pékou : l’écorce de cet arbre est l’élément naturel qui, bouilli dans l’eau, offre à l’artiste toute une gamme de couleurs, allant du orange jusqu’au marron.

Le mélange de ces couleurs permet d’en obtenir de nouvelles, telles qu’un brun, résultant d’une combinaison entre le n’galama, le bogo, le n’pékou et l’eau, ou encore un jaune plus foncé obtenu avec du n’galama, de l’eau et des cendres de charbon.

Entourés par la Nature, celle-ci s’impose jusque dans le choix de certains outils de travail des artistes. En effet, pour réaliser les motifs, les artistes utilisent des plumes de volailles, ainsi que des tiges de bois et de bambou taillées plus ou moins finement.Le bogolan, art africain

Nos artistes utilisent également des radiographies récupérées, qu’ils transforment en pochoirs. Les pinceaux, de diverses tailles et épaisseurs, s’achètent sur les marchés ou dans les librairies. De grands canaris, seaux et bassines sont utilisés pour la macération et la préservation des différentes textures naturelles.

 

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